Alerte amphibien

Les maladies des amphibiens

Les Amphibiens sont la cible potentielle d’un grand nombre de maladies. On distingue quatre grands types d’infections: les infections bactériennes, les infections fongiques, les infections virales et les infections dues à des protozoaires parasites (micro-organismes animaux). Dans la plupart des cas, de telles infections apparaissent de manière sporadiques et se déclarent sur des individus déjà affaiblis, d’un point de vue physique (ex : plaie à l’origine d’une dermosepticémie bactérienne), ou immunitaire (ex : individus incapables de sécréter les toxines nécessaires à la lutte contre le développement de parasites). A ces infections s’ajoutent des maladies et malformations causées notamment par des problèmes de nutritions (anorexie, obésité et développement anormal dû à des carences/excès en éléments nutritifs essentiels) : ces cas sont essentiellement observés en laboratoire ou en conditions d’élevages. Enfin on pourra citer les anormalités de développement et effets délétères dus à des pollutions d’origine anthropique : pesticides et métaux lourds essentiellement. Deux pathogènes, susceptibles de provoqués des mortalités massives d’amphibiens, retiennent actuellement particulièrement l’attention : Les champignons Batrachochytrium dendrobatidis et B. salamandrivorans (à l’origine de la Chytridiomycose : infection de type fongique) et les Ranavirus (à l’origine de la ranavirose : infection de type virale). D’autres pathogènes, comme des parasites tels qu’Amphibiocystidium pourrait également jouer un rôle dans le déclin des amphibiens.

Les Champignons et la Chytridiomycose

Deux champignons du genre Batrachochytrium sont connus actuellement pour provoquer des mortalités massives chez les amphibiens. Ils se développent sur la kératine (pièces buccales des têtards, épiderme des juvéniles et des adultes) et peuvent amener la mort des individus infectés. La première espèce, identifiée en 1999, Batrachochytrium dendrobatidis, est responsable d'importants foyers de mortalité dans au moins 7 pays (Amérique du Nord et Centrale, Australie, Europe). Il est présent en France, mais les seules mortalités qui lui soient attribuées sont dans des lacs isolés d'altitude des Pyrénées. En 2013, une nouvelle espèce, Batrachochytrium salamandrivorans, a été identifiée dans les Pays-Bas, en relation avec des mortalités massives de Salamandre tachetée.

Pour suivre la progression de la connaissance sur la répartition de B. dendrobatidis dans le monde : La répartition de la Chytridiomycose dans le monde

Des articles de synthèse sur la Chytridiomycose (Bulletin de la SHF, 2010) (Le Courrier de la Nature, 2013)

Les Ranavirus et la Ranavirose

Le terme Ranavirus désigne un genre de virus capable de provoquer de graves infections aux amphibiens. Les maladies provoquées par des infections virales sont une des causes émergentes identifiées pour le déclin des amphibiens. En effet, des mortalités massives dues à des ranaviroses ont déjà été observées dans le milieu naturel, comme chez la Grenouille rousse au Royaume-Uni et chez la Salamandre tigrée en Amérique du Nord. La France n’est pas épargnée par les Ranavirus : des mortalités de Grenouilles ont été observées dans des lacs alpins du massif du Mercantour et les études ont révélés la relation de causalité entre ces mortalités et la présence d’un Ranavirus. Cette ranavirose a été déclarée officiellement à l’OIE (étude en cours de publication).

La mobilisation de tous – en déclarant les observations de mortalité massive – va aider à comprendre l’émergence de ces Ranavirus sur le territoire national, permettre l’identification des différentes espèces potentiellement présentes, souches et signes cliniques propres au groupe des Ranavirus, ainsi que la complexité des modes de contamination et de dispersion au sien de la batrachofaune française.

Un article de synthèse sur les Ranavirus (Bulletin de la SHF, 2012)

Les parasites, l’amphibiocystidium

L’Amphibiocystidium est une maladie provoquée par un groupe de protiste faisant partie de la classe des mésomycétozoaires et de l’ordre des dermocystida que nous regrouperons ici sous le nom d’ « Amphibiocystidium ». Ce parasite des amphibiens est proche des dermocystes infectant les poissons. L’Amphibiocystidium provoque des lésions sur la peau des amphibiens sous la forme de vésicule, kyste ou nodule mesurant de 1 à 2 mm (). Il peu également provoquer de plus grosse inflammation mesurant jusqu'à un centimètre (Voir photos). Les lésions peuvent être localisées sur toutes les parties du corps, des doigts jusqu'à la tête, sans oublier la queue chez les têtards d’anoure ou les urodèles. L’Amphibiocystidium a été localisé en Europe et en Amérique sur diverses espèces d’amphibiens (grenouille, crapaud et triton). A priori toutes les espèces d’amphibiens peuvent être touchées par ce parasite. Il existe actuellement très peu d’étude sur cette maladie et sur les effets de ce parasite sur la physiologie et le comportement des amphibiens. Pour le moment le lien direct entre une mortalité de masse des amphibiens et la présence de ce parasite n’a pas été mis en évidence. Cependant, en interaction avec les effets des changements climatiques, de la pollution, de l’altération ou la destruction des zones humides, il est bien possible que l’Amphibiocystidium joue un rôle dans le déclin des amphibiens. Des premières observations faites en Italie et aux Etats-Unis vont dans ce sens. En France, il n’existe pas de données permettant d’estimer la prévalence de la maladie. Amphibiocystidium est observé dans des populations de tritons palmés dans le département de l’Hérault et en Ariège et dans d’autres régions de France. L’enquête menée depuis 2012 devrait permettre de mieux connaitre la répartition de ce parasite en France.

Vous pouvez participer à ces connaissances en déclarant vos observations sur ce site ! Merci d'avance