Les maladies des amphibiens :
Les Amphibiens sont la cible potentielle d’un grand nombre de maladies. On distingue quatre grands types d’infections: les infections bactériennes, les infections fongiques, les infections virales et les infections dues à des protozoaires parasites (micro-organismes animaux). Dans la plupart des cas, de telles infections apparaissent de manière sporadiques et se déclarent sur des individus déjà affaiblis, d’un point de vue physique (ex : plaie à l’origine d’une dermosepticémie bactérienne), ou immunitaire (ex : individus incapables de sécréter les toxines nécessaires à la lutte contre le développement de parasites).
A ces infections s’ajoutent des maladies et malformations causées notamment par des problèmes de nutritions (anorexie, obésité et développement anormal dû à des carences/excès en éléments nutritifs essentiels) : ces cas sont essentiellement observés en laboratoire ou en conditions d’élevages. Enfin on pourra citer les anormalités de développement et effets délétères dus à des pollutions d’origine anthropique : pesticides et métaux lourds essentiellement.
Dans le cadre du programme alerte amphibien, deux pathogènes retiennent particulièrement notre attention : les Ranavirus (à l’origine de la ranavirose : infection de type virale) et le champignon Batrachochytrium dendrobatidis (à l’origine de la Chytridiomycose : infection de type fongique). Ce sont en effet, d’après les connaissances actuelles, les seuls pathogènes à l’origine de mortalités massives potentielles. Le parasite Amphibiocystidium pourrait également jouer un rôle dans le déclin des amphibiens.
• Les Ranavirus et la Ranavirose :
Le terme Ranavirus désigne un genre de virus capable de provoquer de graves infections aux amphibiens. Les maladies provoquées par des infections virales sont une des causes émergentes identifiées du déclin actuel de la biodiversité mondiale en amphibiens. En effet, des mortalités massives dues à des ranaviroses ont déjà été observées dans le milieu naturel, comme chez la Grenouille rousse au Royaume-Uni et chez la Salamandre tigrée en Amérique du Nord.
La France semble à l’heure actuelle exempt de Ranavirus, bien que la présence de ces pathogènes soit avérée sur les territoires de plusieurs pays voisins. Il est cependant trop tôt pour déterminer avec certitude si les Ranavirus sont totalement absents sur le territoire français, ou si l’effort de prospection reste insuffisant.
La multiplicité des espèces, souches et signes cliniques propres au groupe des Ranavirus, ainsi que la complexité des modes de contamination et de dispersion laissent entrevoir les dégâts potentiels que les Ranavirus pourraient provoquer à la batrachofaune française.
- A venir : Article sur les Ranavirus
• Amphibiocystidium
L’Amphibiocystidium est une maladie
provoquée par un groupe de protiste faisant partie de la classe des mesomycetozoaires et de l’ordre des dermocystida que nous regrouperons ici sous le nom d’ « Amphibiocystidium ». Ce parasite des amphibiens est proche des dermocystes infectant les poissons.
L’Amphibiocystidium provoque des lésions sur la peau des amphibiens sous la forme de vésicule, kyste ou nodule mesurant de 1 à 2 mm (Voir photos). Il peu également provoquer de plus grosse inflammation mesurant jusqu'à un centimètre (Voir photos). Les lésions peuvent être localisées sur toutes les parties du corps, des doigts jusqu'à la tête, sans oublier la queue chez les têtards d’anoure ou les urodèles. L’Amphibiocystidium a été localisé en Europe et en Amérique sur diverses espèces d’amphibiens (grenouille, crapaud et triton). A priori toutes les espèces d’amphibiens peuvent être touchées par ce parasite.
Il existe actuellement très peu d’étude sur cette maladie et sur les effets de ce parasite sur la physiologie et le comportement des amphibiens. Pour le moment le lien direct entre une mortalité de masse des amphibiens et la présence de ce parasite n’a pas été mis en évidence. Cependant, en interaction avec les effets des changements climatiques, de la pollution, de l’altération ou la destruction des zones humides, il est bien possible que l’Amphibiocystidium joue un rôle dans le déclin des amphibiens. Des premières observations faite en Italie et aux Etats-Unis vont dans ce sens.
En France, il n’existe pas de données permettant d’estimer la prévalence de la maladie. Amphibiocystidium est observé dans des populations de tritons palmés dans le département de l’Hérault et en Ariège et dans d’autres régions de France.
Pour Signaler une observation (parasite, infection, etc.) sur un ou plusieurs individus suivez ce lien.